L
es massacres dont le caractère génocidaire est discuté [modifier]
Plusieurs massacres ou/et déportations sont actuellement considérés par certains comme des génocides :
* La Colonisation des Amériques par les populations européennes a entraîné la destruction quasi-totale de plusieurs peuples d'Amérique du Sud et réduit d'environ 35 millions à moins de 2 millions de personnes la population amérindienne d'Amérique du Nord entre 1500 et aujourd'hui[12].
* Conquête de l'Algérie: Selon Olivier Le Cour Grandmaison [13], la Conquête de l'Algérie s'est traduite par l'extermination du tiers de la population, soit près d' 1 million de morts, dont les causes sont multiples, massacres, déportations, famines ou encore épidémies, mais étroitement liées entre elles. Ce qui interdit de tenir les deux dernières pour des phénomènes naturels sans rapport avec la pacification meurtrière de ce territoire et témoigne de la dimension exterminatrice de l'entreprise.
* La traite des noirs est reconnue comme un crime contre l'humanité par la plupart des pays. En France, une loi du 21 mai 2001 affirme que la traite négrière et l'esclavage constituaient des crimes contre l'humanité. En dépit du nombre de victimes, qui fait en l'état l'objet d'évaluations très variées (de 60 à 600 millions de victimes, selon certains historiens) et qui fait de la traite des noirs la plus importante déportation de l'histoire de l'humanité, le caractère de génocide est contesté au regard des critères juridiques de cette qualification. La reconnaissance par l'ONU de la qualification génocidaire est demandée par la plupart des pays africains, ainsi que par de nombreuses organisations non gouvernementales « du Nord ». Par exemple, le Conseil mondial de la diaspora panafricaine (CMDP) et la Société savante des encyclopédistes africains. À l'opposé, des historiens, bien que ne niant pas qu'un crime contre l'humanité ait été perpétré, affirment que « l'extermination des noirs n'étant pas le but de la traite », mais l'une de ses conséquence, cela ne peut être considéré comme un génocide.
* Sous la Terreur, les massacres commis par les républicains, en particulier les colonnes infernales, pendant la guerre de Vendée en France, en 1793 et 1794, ont amené Gracchus Babeuf à parler de populicide. Dans les années 1980, ce terme a été assimilé par l'historien Reynald Secher à celui de génocide. En février 2007, une proposition de loi visant à la « reconnaissance du génocide vendéen » a été déposée à l'Assemblée nationale par neuf députés de droite[14] ; elle s'appuie sur les travaux de cet historien et ceux de l'écrivain Michel Ragon. Cependant, le caractère "génocidaire" de ces massacres demeure discuté et n'a pas remporté l'adhésion des parlementaires français.
* Le génocide des Hereros[15] par les Allemands en 1904, reconnu en 2004 par un ministre allemand aux commémorations du centenaire de cet événement.
* Holodomor : plusieurs millions de Soviétiques, en particulier Ukrainiens, morts lors d'une terrible famine dans la région des Terres Noires (à cheval sur l'Ukraine et la Russie actuelles). Le parlement ukrainien a voté la qualification de génocide pour cette grande famine le 28 novembre 2006[16].
* Tibet : la Commission internationale des juristes a qualifié dans un rapport de 1959 les massacres perpétrés au Tibet par les autorités chinoises de génocide.[17] Le bilan de l'invasion chinoise est estimé à 1,2 million de morts entre 1959 et 1970 selon le Gouvernement tibétain en exil, comme l'a rappelé Samdhong Rinpoché lors de son audition au Sénat en 2000.[18] Le 11 janvier 2006, la Cour suprême d'Espagne a annoncé qu'elle allait instruire une enquête concernant l'implication de sept anciens dirigeants chinois, entre autres l'ancien président Jiang Zemin et l'ancien Premier ministre Li Peng, dans un génocide au Tibet. Cette instruction est la conséquence d'un arrêté de la Cour constitutionnelle espagnole du 26 décembre 2005 qui autorise le traitement des plaintes pour génocides, même si elles n'implique pas de nationaux espagnols.[19]
* Le Grand Bond en avant (1959-1962) : 30 millions de personnes affamées par les conséquences de la politique de Mao Zedong. [20] La volonté d'exterminer un peuple est controversée.
* La Révolution culturelle (1966-1968) Cette radicalisation du communisme (ou reprise en mains du pouvoir par Mao) fit au moins un million de morts.[21]
* Les massacres du Kampuchéa démocratique (Cambodge) : entre 1975 et 1979 Pol Pot et les Khmers rouges ordonnent le massacre de leur propre peuple dans un but avoué « d'uniformisation » ethnique, religieux et idéologique. 1,7 million de Cambodgiens sont tués. Bien que ces massacres aient tous les aspects d'un génocide, l'ONU ne l'a pas officiellement reconnu comme tel. Des chambres extraordinaires actuellement en exercice, qui sont dirigées par la justice cambodgienne et auxquelles participent des experts internationaux, pourront établir le caractère génocidaire de ces massacres.
* Massacre de Plan de Sánchez au Guatemala en 1982, où plus de 100 000 Indiens mayas furent massacrés par l'armée nationale guatémaltèque.
* Les massacres des Kurdes par le dictateur Saddam Hussein entre 1988 et 1989 au cours de l'opération « Anfal ». 182 000 personnes ont péri durant cette opération[22]. En décembre 2005, une cour de La Haye a qualifié cette campagne de « génocide ». Le 24 juin 2007, le Tribunal pénal irakien a condamné Ali Hassan al Madjid, surnommé « Ali le chimique », et deux autres anciens hauts dignitaires du régime de Saddam Hussein, à la peine de mort par pendaison pour le génocide commis contre les Kurdes au cours de cette opération Anfal.
* Le massacre de Khodjaly, perpétré par l'armée arménienne. En 1993, quatre résolutions (822, 853, 874 et 884) ont été prises par le Conseil de sécurité des Nations unies. Une seule, la résolution 874 dans son point 9, fait allusion à des violations du droit humanitaire internationale avec mise en garde « à toutes les parties », sans aucune autre précision. L'existence d'un génocide n'est donc pas envisagée.
* Le massacre du Darfour au Soudan. Où en juillet 2004, le Congrès des États-Unis a voté à l'unanimité une résolution qualifiant les massacres des populations noires du Darfour (Soudan) de génocide. En septembre 2004, le secrétaire d'État américain a repris ce mot. Dans un communiqué de presse du 23 février 2005 le Conseil de sécurité des Nations unies déclare : « “Le gouvernement soudanais n'a pas été à même de mettre fin aux attaques des milices contre les civils ni de les désarmer”. La sentence tombe le 2 septembre de la bouche du Représentant spécial du Secrétaire général pour le Soudan qui, nommé un mois plus tôt, revient d'une mission au Darfour. Le Conseil réagit. Il adopte, par 11 voix pour et 4 abstentions, la résolution 1564 dans laquelle il menace de prendre des mesures, telles que celles contenues dans l'article 41 de la Charte de l'ONU, à l'encontre notamment du secteur pétrolier, du Gouvernement du Soudan ou de certains de ses membres. Dans cette résolution, le Conseil charge aussi le Secrétaire général de créer une commission internationale pour déterminer si des actes de génocide ont eu lieu et pour en identifier les auteurs. » [23].
* Massacres en République démocratique du Congo : 4,5 millions d'affamés et de massacrés depuis 1997 durant la Première guerre du Congo et la Deuxième guerre du Congo.
source:http://fr.wikipedia.org/wiki/G%C3%A9nocide